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22 février 2014 6 22 /02 /février /2014 09:49

A quelques heures du moment où les vaillants Rouges et Noirs bugistes pénétreront sur la pelouse du Stade Jean Bouin, Eric Deneux que certains ont connu avec un numéro 4 dans le dos se livre une fois encore à son art du pastiche ... et votre blogmestre ne résiste pas et va, cours vole et partage 

 

Et c'est donc vers Paris que notre équipe s'avance,
Et porte sur le front une mâle assurance.
Nous partîmes à XV,dans cette folle escapade
Nous nous vîmes.... XXIII en arrivant au stade
Tant, à nous voir marcher avec un tel visage,
L'inexpérimenté retrouvait du courage !
J'en cache les trois quarts, aussitôt qu'arrivés,
C'est dans le fond d'un bus qui lors furent trouvés;
Le reste, dont le nombre augmentait à toute heure,
N'était autre que Vero, le masseur, le soigneur
Retrouvant le vestiaire, et sans faire aucun bruit
Attendent dans le calme que vienne la furie
Sous le commandement d'un Christophe tout en flegme
Qui met la dernière main, à son fin stratagème;
Oú il feint hardiment d'avoir peur du Rose
La défaite à Paris est dans l'ordre des choses
Cette obscure clarté, cette nuit sans étoile
Masque en réalité, un stratège qui dévoile
Que dans moins de 2 heures, après d'intenses efforts
Les Oyomen enfin dans une liesse de juniors
Feront aux parisiens payer bien cher l'affront
D'un 21 septembre, d'une victoire a Mathon
La ruse paraît simpliste, mais elle est éprouvée
Sous les fourches caudines OYO s'est présenté
Devant les parisiens, feignant de s'incliner
Nous cédons la victoire, qu'ils ont bien méritée
Nous les laissons passer ; tout leur paraît tranquille;
Point de guerriers encore, que des fats et des vils
Notre profond silence abusant leurs esprits,
Ils n'osent plus douter de nous avoir surpris;
Ils abordent sans peur, ils ancrent, ils descendent,
Et courent se livrer aux mains qui les attendent.
OYO se leve alors, et tous en même temps
Poussent jusques au ciel mille cris éclatants.
Les nôtres, à ces cris, de nos tribunes répondent;
Ils paraissent armés, les Roses se confondent,
L'épouvante les prend à demi descendus;
Avant que de combattre ils s'estiment perdus.
Courant à la victoire, ils rencontrent la guerre;
Nous les pressons au sol, nous les pressons en l'air
Et nous faisons courir de partout des ballons
Un modèle de french flair, dans des mains de maçons
Mais bientôt, de leur banc, des "stars" les rallient
Leur courage renaît, et leurs terreurs s'oublient
La honte d'échouer sans avoir combattu
Arrête leur désordre, et leur rend leur vertu.
Contre nous de pied ferme ils se serrent, ils se rangent
De leurs corps de leurs sueur font d'horribles mélanges
La pelouse est le theatre, l'arene ou le décor 
Le triste champ de bataille ou évolue le score
Ô combien d'actions, combien d'exploits célèbres
Sont demeurés sans gloire au milieu des ténèbres,
Où chacun, seul témoin des grands coups qu'il donnait,
Ne pouvait discerner où le sort inclinait ! 
J'allais d'vant ma télé encourager les nôtres,
Faire avancer les uns et soutenir les autres,
Ranger ceux qui venaient, les pousser à leur tour,
La deuxième mi temps semble être un autre jour.
Et voyant un renfort du banc nous secourir,
L'ardeur de vaincre s'accroit et nous pousse à courir
Jusqu'au moment enfin ou l'arbitre de son sifflet
Indique a nos joueurs que l'honneur est lavé
Parisiens aux vestiaires, s'affalent sur les tables
Poussent jusques aux cieux des cris épouvantables,
Pour souffrir cette défaite, leur honte est trop forte;
Le joie les apporta, le dégoût les remporte;
Pendant qu'leurs entraîneurs, maudissant not´ sale coup
Envisage leur avenir a l'étage en dessous
Ils avaient pour autant pas trop mal réussis 
À faire bonne figure tout au moins jusqu'ici
Répondant à Canal, Ils verront tout a l'heure
Dans quel triste état sont rendus leurs joueurs
Et que seuls désormais en vain ils se défendent,
Ils demandent le vainqueur; Christophe vient, ils se rendent.
Ils les gracie les deux, magnanime pourtant...
Et le combat cessa faute de combattants.

(Le Cid, extrait acte IV, scène 3)

Moment d'anthologie littéraire :

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